lundi 12 juillet 2010

Ce soir: 4 idoles - 4 articles


PARIS MATCH
Quatre idoles dans le vent
Sheila, Françoise Hardy, Sylvie Vartan et France Gall n'ont pas 20 ans quand elles débutent dans l'émission de radio «Salut les copains». Elles deviennent immédiatement des idoles et la presse se passionne pour leurs moindres faits et gestes : le mariage de Sylvie et Johnny, celui de Sheila et Ringo, les amours de Françoise Hardy avec Jacques Dutronc ou de France Gall avec Claude François, autant d'événements qui captivent le public. Archives exceptionnelles, témoignages inattendus, scopitones endiablés retracent le parcours fulgurant de ces quatre adolescentes devenues femmes en plein succès.

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A quoi rêvaient les jeunes filles ?
A 16 ans, Sylvie Vartan, la première rockeuse française (eh oui !) va bouleverser la tranquillité des vedettes de l’époque au point de les faire parfois s’exiler (comme Juliette Gréco). Sylvie sera vite suivie par “l’intello” Françoise Hardy, puis Sheila,“la petite-fille de Français moyens”, et la douce et naïve France Gall. Chacune dans leur registre, elles vont donner un grand coup de balai aux conventions machistes et anti-jeunes d’alors et annoncer tout naturellement la révolution de 68. Durant plus de dix ans, le photographe du magazine Salut les copains et réalisateur Jean- Marie Périer a suivi ces idoles du matin au soir, de leur petit déjeuner à leur nuit de noces, de leurs joies de gamines à leurs peines d’adultes. Il le raconte dans ce documentaire et, pour Télécâble Sat Hebdo, se souvient de ses copines du twist.

Sylvie Vartan rêvait d’une famille…
«Sylvie est celle que j’ai le plus photographiée. Il faut dire que c’était la gentillesse même. Elle acceptait tout ce que je voulais, même des photos totalement délirantes, en statue avec Adamo, en princesse avec Dutronc… J’ai vécu des tonnes d’aventures avec elle – que je considère toujours comme ma petite soeur – et notamment ses déboires avec Johnny. Il faudrait d’ailleurs lui décerner une médaille pour ce qu’elle a supporté. Elle voulait que son rockeur de mari reste à la maison pour s’occuper d’elle et de leur fils, elle rêvait !»


Françoise Hardy rêvait de tranquillité…
«Ce fut une grande histoire d’amour avec Françoise. Dès que je l’ai rencontrée, je suis tombé fou amoureux d’elle. A la différence de Sylvie, elle détestait les photos, il fallait que je bataille tout le temps avec elle. Je me souviens de la première séance. Je trouvais qu’elle me regardait amoureusement alors qu’elle ne pensait qu’une seule chose : quand est-ce que ça se termine ? Françoise voulait rester tranquille, écrire ses chansons, que je l’emmène à Venise… Moi, je suis passé à côté de notre histoire, je ne pensais qu’à son image, à la mettre en avant. Notre amour n’y a pas survécu.»

Sheila rêvait de liberté…
«C’est l’idole que j’ai le moins bien connue. Il faut dire que la pauvre Sheila était sous bonne garde. Elle ne pouvait rien faire sans le consentement de son manager, Claude Carrère. Un enfer pour elle ! Il la faisait travailler sans cesse, sans aucun répit. Nos séances photo étaient pour elle une bulle d’oxygène. Elle était enfin un peu libre de rire avec moi, de se détendre. C’était une fille très drôle dans l’intimité, toujours de bonne humeur.»

France Gall rêvait d’amour…
« France était vraiment à part des trois autres filles. Elle n’évoluait pas dans le show-biz. Je l’ai d’ailleurs peu photographiée, même si je l’accompagnais souvent dans ses déplacements. Je me souviens de sa relation avec Claude François. Il voulait absolument qu’elle arrête de chanter pour devenir Madame François. Mais comme elle avait beaucoup de succès, c’était impensable. Elle n’était pas très heureuse en amour à l’époque, il a vraiment fallu sa rencontre avec Michel Berger pour que quelqu’un s’occupe d’elle comme elle le méritait.»
Source: Benoît Cachin - Télécâble Sat Hebdo



TOUTE LA TELE
Elles n'ont pas 20 ans quand elles débutent dans l'émission de radio «Salut Les Copains». Pourtant, ces quatre jeunes filles deviennent immédiatement des idoles : les couettes de Sheila, la minijupe de Françoise Hardy, les dents du bonheur de Sylvie Vartan et la voix acidulée de France Gall font chavirer le coeur de toute une génération. La nouvelle presse pour les jeunes se fait l'écho de leurs moindres faits et gestes et surtout de leurs amours : le mariage de Sylvie et Johnny, celui de Sheila et Ringo, l'histoire passionnelle de Françoise Hardy et Jacques Dutronc ou les amours turbulentes de France Gall avec Claude François puis Julien Clerc.

NOUVEL OBSERVATEUR
Le charme, la grâce et l'insouciance parcourent ce documentaire vintage en diable. A l'orée des années 1960, émergent les bandes de copains, l'émission de radio « Salut les copains », sur Europe Numéro 1, le magazine du même nom, et quatre délicieuse jeune filles : Sylvie Vartan, France Gall, Sheila et Françoise Hardy. Mireille Dumas pose ici un regard tendre sur cette époque, sur l'émancipation d'une jeunesse encore corsetée dans les codes de la bienséance imposés par une société patriarcale jusqu'ici sans fissures apparentes. Pourtant, elles sont bien là Les garçons, les premiers, en portent les symptômes avec Johnny Hallyday pour thuriféraire chantant « Une boum chez John », scandée façon Elvis. Il a 16 ans, il fait vibrer les filles et les bases de la bonne société qui voit en ce blouson noir le danger du souffle de la liberté. Elle s'imposera huit ans plus tard à coups de pavés, de slogans bien sentis et de sexualité décomplexée.
Les images d'archives sont épatantes. Qu'il s'agisse d'interviews, d'extraits de tubes, d'images saisies au vol dans la rue ou même de discours politiques, la douceur de vivre affleure dans chaque plan quand, aujourd'hui, on ne voit que défensive, marketing et volonté d'en imposer à l'autre chez nombre de jeunes chanteurs. Les années yé-yé étaient bon enfant. Sheila vendait des bonbons sur les marchés avec ses parents, France Gall redoublait sa troisième, Sylvie Vartan préparait sa philo et Françoise Hardy écrivait ses premières chansons tout en préparant sa licence d'allemand. Elles avaient entre 16 et 18 ans et ni les unes ni les autres ne pensaient plan de carrière : « Sylvie était une gamine arrivée au firmament par hasard. Son frère producteur cherchait une réplique à Frankie Jordan pour «Panne d'essence». Elle a dit oui et c'est parti », raconte Jean-Marie Périer, témoin privilégié de cette fabuleuse aventure et ex-compagnon d'une Françoise Hardy fragile façon Charlotte Gainsbourg. Lui, c'était LE photographe de cette époque bénie, « où les vedettes n'avaient pas de problème d'image puisqu'elles ne savaient pas qu'elles en avaient une », dit-il. Tellement pas que Sylvie Vartan se fait tancer à la télévision par un dinosaure en costard cravate et lunettes d'écailles sans mot dire. Elle est assise sur un lit bas, genoux repliés entre ses bras, frange sage et regard soumis. L'homme imposant la surplombe, assis sur une chaise. D'une voix de stentor il déclare : « Vous savez bien qu'il y a des garçons et des filles qui travaillent des années avant d'obtenir ce que vous avez obtenu par miracle. Ca ne vous étonne pas ? » « De quoi j'me mêle ? », aurait répondu une Diam's. Sylvie, elle, contrite, bafouille.
Ce film fourmille de petits détails de ce genre montrant les différences de rapports avec les adultes, le succès et le monde entre la jeunesse d'hier et celle d'aujourd'hui, consciente de son bon droit. Des quatre idoles et leurs mentors - dont l'incroyable Serge Gainsbourg pour France Gall, capable de mettre Denise Glaser dans tous ses états -, Sheila et Françoise Hardy retiennent l'attention, pour des raisons antinomiques. Sheila, d'abord. A la voir gesticuler dans de pauvres tentatives de twist, couettes massives, petites épaules et jupe battant mollets, nous sommes pris d'une sorte de mansuétude. Cette gamine électrique au sourire fixe chantant « donne moi ta main » ou « c'est ma première surprise-partie » met mal à l'aise. Si elle a incendié la France jusqu'à son mariage avec Ringo en 1973, c'est parce qu'elle était cornaquée par Claude Carrère, producteur inflexible. « Elle était d'une extrême drôlerie, charmante, et c'était sans doute la première qui ait été pilotée par des producteurs à visées marketing. Elle travaillait toute l'année, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle ne faisait rien sans l'avis de son producteur et allait en vacances où il l'exigeait », raconte Jean-Marie Périer. Un esclavagisme haut de gamme pour cette star d'à peine 18 ans qui restera toujours la « Petite Fille de Français moyens » pour les Français. Françoise Hardy subjugue par sa sagesse immobile, sa détermination timide et sa beauté dense et mystérieuse. David Bowie en était amoureux et les Anglais restaient fascinés par cette chanteuse aux mélodies personnelles en décalage total avec les turbulences rythmiques de l'époque. La nostalgique langueur que nous percevons aujourd'hui dans le ton de la chanteuse parolière est la même qu'à ses débuts. Françoise Hardy est née pour ce qu'elle fait. Elle a voulu son destin et l'épouse totalement, elle est magique.
Colette Mainguy (Nouvel Obs)

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